Daniel Girardin, la montagne sublimée

Pour sa dernière exposition après plus de trente ans de carrière au Musée de l’Elysée, le conservateur Daniel Girardin, 62 ans, montre Sans limite, un sublime accrochage de photographies de montagne. Rencontre.

John Jullien, Traversée de la Mer de Glace, vers 1880 © Musée de l’Elysée, Lausanne, Collection du Musée de l’Elysée

par Christophe Dutoit

Expliquez-nous la fascination qu’ont eu de tout temps les photographes pour la montagne?
Moi aussi, je suis aussi fasciné. Le Musée de l’Elysée a traité ce sujet de manière transversale depuis les débuts. Toujours avec un regard très orienté sur les pionniers ou l’image du Cervin… En trente ans, l’institution a constitué une très belle collection, en suivant les photographes. Le numérique a renouvelé le genre de la photographie de montagne. Véritablement. C’est quelque chose qui m’a interpelé et qui m’a fait réfléchir au sujet dans son ensemble. A ma connaissance, il n’y a jamais eu aucune exposition qui présente la photographie de montagne comme un genre dans son ensemble, depuis les daguerréotypes jusqu’à aujourd’hui. Il existe des centaines de livres, mais pas un livre d’ensemble.
à suivre…

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Jacques Pugin sur les traces de l’humain dans la nature

Après avoir grandi à Bulle, Jacques Pugin a fait carrière entre Zurich, Genève et Paris. Photographe reconnu sur le plan international, il expose plusieurs images au Musée de l’Elysée. Rencontre.

L’image de Jacques Pugin intitulée #001 Glaciers, Rhonegletscher, 46°34’48’’ N 8°23’12’’ E, 2015 vient d’avoir les honneurs d’une double page dans Libération. Elle est actuellement exposée à Lausanne, dans le cadre de l’exposition Sans limite. © Jacques Pugin / collection du Musée de l’Elysée

par Christophe Dutoit

Pour les Français, Jacques Pugin est suisse. Pour les Genevois, il est genevois. Et pour les Fribourgeois, il est gruérien. «Je reviens régulièrement à Bulle pour revoir mon papa», sourit le photographe désormais installé à Paris, après avoir vécu six ans à Barcelone. Depuis le 25 janvier, il montre plusieurs de ses images au Musée de l’Elysée, à Lausanne, dans le cadre de la très belle exposition Sans limite. Photographies de montagne. à suivre…

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Annie Leibovitz au féminin

La célèbre portraitiste américaine Annie Leibovitz présentait, hier à la presse, l’étape zurichoise de son exposition Women: new portraits. Un éloge de la femme qui trouve un écho inattendu après l’élection de Donald Trump et les récentes marches de contestation.

par Christophe Dutoit

A 67 ans, Annie Leibovitz est une légende vivante, dûment reconnue comme telle par la Bibliothèque du congrès américaine. Photographe des stars pour les magazines Rolling Stone, Vanity Fair ou Vogue (sans compter de lucratives campagnes publicitaires pour Gap, American Express ou UBS), elle fait partie des rares portraitistes vivantes à exposer dans les plus prestigieuses institutions internationales. à suivre…

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Noël Aeby, la sensibilité du regard au carré

Le Musée gruérien présente, jusqu’au 6 août, une «vue d’ensemble» des photographies de Noël Aeby. Un condensé de près de six décennies à regarder le monde à travers un carré. Et à le montrer dans sa splendide aridité.

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par Christophe Dutoit

D’emblée, Noël Aeby réfute le terme de rétrospective. «Je n’ai pas encore déposé les outils!» A la retraite depuis une dizaine d’années, le photographe de 74 ans opère encore. Sans stress ni obligation. Ces derniers temps, il ne résistait pas à l’envie de cadrer carré, ici un arbre dans les neiges de Treyvaux, là un ruisseau presque asséché près de Senèdes, à deux pas de chez lui. à suivre…

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Gregory Collavini: ces murs qui coupent la vue et, un peu, le bruit des autos

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Le Gruérien Gregory Collavini vient de publier Perspectives silencieuses, une série de photographies de murs antibruit en Suisse. Plutôt appréciés par la population, ces murs structurent le paysage urbain. Rencontre avec le photographe établi à Fribourg.

par Christophe Dutoit

Photographier des murs antibruit? Quelle idée saugrenue, diraient certains! Au contraire, explique Gregory Collavini, qui vient de publier Perspectives silencieuses, la somme de cinq ans de récolte en Suisse de ces infrastructures que personne ne semble regarder. à suivre…

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Ce noir et blanc si esthétique, si nostalgique, si obsolète

loprenoAprès avoir longtemps photographié l’enfermement (tant l’univers carcéral que les monastères), Patrick Gilliéron Lopreno a dû ressentir le besoin d’ouverture. Vers le grand air, les ciels ouverts sur les traînées d’avion, les prairies aux longues étendues. Au gré de ses pérégrinations en Suisse, le photographe genevois a promené son regard fin et pertinent tant sur la station-service de Vuisternens-devant-Romont, que sur une ferme décatie au Pâquier ou un quartier de HLM à Bulle. Des non-lieux, entre no man’s land et interstices, magnifiés par un noir et blanc à l’ancienne, granuleux et contrasté. à suivre…

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Nicolas Crispini: Les couleurs du paradis perdu

Jusqu’au 23 décembre, la Médiathèque Valais – Martigny montre Les couleurs du paradis perdu, une très belle exposition qui dévoile la manière dont la photographie en couleurs a influé sur l’image du Vieux-Pays durant le XXe siècle.

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La chapelle du Schwarzsee © Robert Doebeli /Médiathèque Valais – Martigny, don Nicolas Crispini

par Christophe Dutoit

«Pourquoi le paradis perdu?» se demande-t-on à l’entrée de la Médiathèque Valais – Martigny, au moment de découvrir son exposition à voir jusqu’au 23 décembre. Parce que, jusqu’au milieu du XXe siècle, le Valais s’est prudemment maintenu à l’écart de la modernité et qu’il a continué à cultiver des valeurs montagnardes de vertu et de pureté. Une sorte de paradis rousseauiste en quelque sorte. Déjà chanté par les écrivains voyageurs depuis la fin du XVIIIe siècle, le Vieux-Pays a fait l’objet d’une impressionnante iconographie, qu’elle soit gravée, peinte ou photographique depuis les années 1850. à suivre…

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Comment Pierre Rossier découvrit l’Extrême-Orient

Redécouvert il y a une dizaine d’années, le pionnier fribourgeois de la photographie Pierre Joseph Rossier fait l’objet d’une exposition à la BCU de Fribourg. Avec une mise en valeur numérique de ses vues stéréoscopiques prises au Japon, en Chine, au Siam et… à Fribourg entre 1858 et 1872.

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Bonze, prêtre supérieur d’une pagode japonaise à Nagasaki (Views in Japan, série 2, Negretti & Zambra, 1860). Vue stéréoscopique sur plaque de verre, 8.4 x 17.5 cm. © Tom Burnett

par Christophe Dutoit

En 2004, cet homme était encore un inconnu sur ses terres d’origine. Durant plus de cent quarante ans, le nom d’un certain P. Rossier était certes parvenu aux oreilles de quelques spécialistes de la photographie ancienne. Mais on le croyait français, bien que durant ses séjours en Extrême-Orient on le surnommât «l’Anglais». Il y a une douzaine d’années cependant, l’historien britannique Terry Bennett et le président de Pro Fribourg Gérard Bourgarel identifiaient formellement celui qui est désormais considéré comme l’un des pionniers fribourgeois de la photographie. Aujourd’hui, même si la vie de Pierre Joseph Rossier demeure encore très mystérieuse, la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg lui consacre une exposition intitulée Japon-Fribourg, à voir jusqu’au 12 novembre. à suivre…

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Jean-Luc Cramatte et ses culs de ferme en signe de double deuil

Depuis 2011, le photographe fribourgeois Jean-Luc Cramatte accumule ses photographies d’arrières de fermes, regroupées dans un magnifique ouvrage aux Editions Patrick Frey.cramatte05

par Christophe Dutoit

On ne dit jamais un cul de ferme
On dit l’arrière d’une ferme
L’endroit où s’entassent
Une archéologie du futur
Un oubli de génération
Des secrets bien gardés

Malgré ce qu’il en dit dans son aphorisme, Jean-Luc Cramatte a appelé son dernier ouvrage Culs de ferme. «Durant un temps, on pensait l’intituler Farm lovers», avoue-t-il. Un titre en anglais, car les Editions zurichoises Patrick Frey vendent d’abord leurs livres aux Etats-Unis et au Japon. Finalement, le photographe fribourgeois aux origines jurassiennes est revenu au français. Le charme de la langue, sans doute. à suivre…

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August Strindberg en peintre libre et sauvage

Ecrivain et dramaturge, August Strindberg a aussi mené une activité de peintre et de photographe. Le Musée cantonal des beaux-arts, à Lausanne, organise la première rétrospective de ses œuvres en Suisse. à suivre…

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Vevey immergé par l’image

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Tous les deux ans, le Festival Images Vevey transforme la ville lémanique en centre d’art contemporain en plein air. Jusqu’au 2 octobre, 75 projets investissent les façades du centre-ville, mais aussi les rives du Léman et même ses profondeurs…

texte & photos: Christophe Dutoit

En immersion. Tel est le thème, au propre et au figuré, de la nouvelle édition du Festival Images Vevey, la cinquième sous cette forme depuis sa création en 1995. Dès son arrivée sur les rives du Léman, le spectateur ne peut en effet pas rater l’omniprésence de la photographie au cœur de cette cité autoproclamée «ville d’images». à suivre…

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Stéphane Winter: une banalité si extraordinaire

Depuis l’adolescence, le Lausannois Stéphane Winter photographie ses parents. Réunies dans le recueil Die Winter et exposées dès samedi dans le cadre du Festival Images Vevey, ses images dépassent le simple cadre de l’intimité familiale.

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par Christophe Dutoit

Cette histoire commence il y a bientôt quarante-deux ans, en Corée du Sud. Un jeune orphelin d’une année est adopté par Pierrette et Röbi Winter, un couple suisse allemand installé dans la banlieue de Lausanne. Le bambin tro­que son prénom asiatique contre celui de Stéphane. «Depuis tout petit, mes parents ont pris des photos de famille. Comme tout le monde. Des images d’amateurs, souvent floues. Mais ils s’en fichaient. L’important était d’être dessus», raconte le photographe, en plein montage de son exposition à vernir samedi à la Galerie LAC, dans le cadre du Festival Images Vevey. à suivre…

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Pascale et Jean-Marc Bonnard Yersin – Quatre mains pour un regard

Directeurs et conservateurs du Musée suisse de l’appareil photographique à Vevey, Pascale et Jean-Marc Bonnard Yersin publient le premier tome de leur «testament» en sept volumes. Rencontre avec ces pionniers du job-sharing.

Pascale et Jean-Marc Bonnard Yersin, conservateurs, directeurs, Musée suisse de l’appareil photographique, cameramuseum, Vevey, 19 mai 2016, ©Régine Gapany

Pascale et Jean-Marc Bonnard Yersin, conservateurs, directeurs, Musée suisse de l’appareil photographique, cameramuseum, Vevey, 19 mai 2016, ©Régine Gapany

par Christophe Dutoit

Elle est archéologue, lui photographe. Elle travaillait comme muséologue à Genève, au Musée d’art et d’histoire. Lui venait y reproduire des œuvres. Le flash. Normal, diriez-vous, pour des amoureux de la photographie. «Elle avait un Leica, je l’ai épousée.» C’était le 27 mai 1989, jour de l’inauguration des nouveaux locaux du Musée suisse de l’appareil photographique à Vevey. Il n’y a pas de hasard. «Au moins, on avait une bonne raison d’être absents.» à suivre…

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Jo Siffert, ce James Dean fribourgeois si beau et si élégant

MF_Siffert_110Jusqu’au 10 septembre, la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg rend hommage au pilote Jo Siffert, dans le cadre de Tinguely2016. Elle expose 85 photographies inédites prises par Jean-Claude Fontana dans les coulisses de l’entourage du pilote.

par Christophe Dutoit

Pour célébrer les vingt-cinq ans de la disparition de Jean Tinguely, la BCU de Fribourg a choisi de monter une exposition sur… Jo Siffert. La proposition n’est pas si incongrue: on connaît l’histoire d’amitié entre le sculpteur et le pilote automobile, leur amour partagé pour la mécanique et la griserie de la vitesse. Jusqu’au 10 septembre, l’institution montre une série de clichés sous le titre «Je t’appelais Seppi», pris durant les années soixante par Jean-Claude Fontana. Né en 1929, ce photographe autodidacte s’est fait un nom dans le cercle artistique fribourgeois dès 1959, lorsqu’il inaugura la première galerie d’art permanente du canton, la Galerie de la Cité. à suivre…

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Le surréalisme hyperréaliste d’Erik Johansson

Le jeune artiste suédois Erik Johansson vient de publier Imagine, son premier recueil de photomontages surréalistes d’un réalisme bluffant, sans tomber dans le kitsch.

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par Christophe Dutoit

A la question «comment définiriez-vous votre style?» Erik Johansson donne cette réponse sur son site internet: «Un surréalisme photoréaliste ou, pour préciser, des idées surréelles réalisées de manière réaliste et avec une pointe d’humour.» à suivre…

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