Hey Satan: «Je viens du hardcore, j’aime quand ça dépote»

Hey Satan vient de sortir son premier album et se produit vendredi à Ebullition. «La salle où j’ai sans doute joué le plus de fois», avoue son chanteur et guitariste François Barras, ancien d’Eastwood, de Shovel ou de Houston Swing Engine. Rencontre.

par Christophe Dutoit

Rendez-vous est pris au Bar Tabac, à Lausanne, un troquet à l’ancienne à deux pas de la tour Edipresse. Journaliste à 24 heures depuis dix-sept ans, François Barras porte la chemise noire de rigueur sous un sweat à capuche et une casquette qui témoigne de son passé hardcore. Devant un Arkina cassis à l’heure de l’apéro, le quadragénaire est affable, volontiers drôle, intarissable sur les musiques actuelles, dont il est un spécialiste dans la presse romande. Rien à voir avec le furieux guitariste que d’aucuns ont croisé sur les scènes underground de Suisse et de Navarre.

Une fois n’est pas coutume, le journaliste devient l’interviewé, à l’occasion de la sortie de l’album de son nouveau groupe Hey Satan et de sa venue vendredi à Ebullition.

La question brûle les lèvres: depuis peu, le guitariste François Barras s’est mis à chanter: «Oui, je suis devenu chanteur. C’était ça ou plus rien.» Il sourit, sirote son cassis et reprend. «Depuis 1993, je joue avec le batteur Frank Matter (oui, l’animateur de Couleur 3). Tous les chanteurs de nos divers groupes, soit ils sont partis, soit on a fini par les virer. En répétition, il m’arrivait de chantonner des mélodies. Mais Frank me disait à chaque fois: “Ta gueule, tu chantes comme une merde!” Le sujet était donc clos pour moi.»

«Ne pas dérailler»
Début 2015, François Barras hésite à relancer Houston Swing Engine, «un groupe cool où on jouait des morceaux avec huit riffs différents en cinq minutes.» De la balle pour un guitariste. «On s’est bien marrés au sein de ce groupe, mais Frank ne voulait pas rejouer des vieux trucs. Il préférait aller vers quelque chose de nouveau.»

A trois avec le second guitariste Laurent Macquat, le combo se donne trois mois pour «essayer» son nouveau chanteur. «En Suisse romande, beaucoup de groupes sont instrumentaux par défaut. J’ai eu l’occasion d’interviewer Josh Homme, leader des Queens of the Stone Age, qui a influencé la musique comme guitariste, avant d’empoigner le micro. Il m’a dit: “Je dois seulement chanter juste.” J’ai trouvé cette réponse assez cool. Du coup, j’essaie simplement de ne pas dérailler.»

Et le bougre fait le job plutôt bien, tantôt en voix de tête, tantôt lorsqu’il pousse une gueulante. «Je manque de puissance. Je sais mes limites. Mais je viens du hardcore et j’aime quand ça dépote. Je fais ce que je sais faire, sans tricher.» Le résultat: un rock à riffs tendu à souhait, rentre-dedans et mélodique, avec juste ce qu’il faut de sonorités vintage. «Le format power trio nous permet davantage de concision», sourit-il.

A l’époque d’Eastwood, au milieu des années 1990, on a acheté nos instruments pour monter le groupe. On ne savait pas jouer. On balançait des riffs en open tuning. Faire comme Rage Against The Machine n’est pas si dur: c’est surtout l’intention qui compte.»

Le Valaisan d’origine raconte avoir appris la guitare à l’âge de vingt ans. «Avec les Stooges. Je faisais des solos à un doigt. Ça permet d’être très puissant!» Avec plus de vingt ans de recul, François Barras regarde ces années-là avec beaucoup de bienveillance. Avec Shovel, on a été invités en 2000 au live de Nulle part ailleurs pour remplacer Rage Against The Machine. A cette époque, on donnait des concerts tous les week-ends. Une fois, on a joué à Lille le vendredi, à La Rochelle le samedi et à Montpellier le dimanche. J’étais encore à l’uni à cette époque. Autant dire que j’ai dormi le lundi matin.»

Le bomber côté orange
«En ce temps-là, on se sentait alternatifs. On retournait nos bombers du côté orange, comme les Bérus. Aller au concert était un acte politique. On fréquentait des endroits marginaux, comme les Caves du Manoir, à Martigny. On faisait cent bornes pour aller à la Dolce Vita. On n’avait pas le choix d’aller ailleurs. Le concert était une expérience, un lieu de rébellion qui faisait un peu peur. Aujourd’hui, les concerts sont trop souvent lyophilisés. De nos jours, un musicien a du succès quand il a réussi à vendre un titre pour une pub Citroën.»

Au début des années 2000, Shovel vend 7000 disques, un chiffre à faire pâlir d’envie certains groupes d’aujourd’hui, mais une paille à l’époque où Lofofora ou Watcha en atteignaient les 100 000 exemplaires. «Certains musiciens comme Gojira ou Mickey 3D ont cité nos albums en référence. Notre musique a marqué beaucoup de musiciens, mais elle n’a pas touché le grand public. Elle était sans doute trop violente, trop exigeante. Et notre label n’avait pas les moyens de faire une énorme promotion.»

Aujourd’hui, François Barras s’amuse du succès obtenu par son nouveau groupe. «A l’époque, on ne touchait pas un rond.» Mais l’industrie de la musique a changé depuis 2008. «Avec Hey Satan, on a vendu des vinyles jusqu’en Argentine. Notre clip a été vu plus de 100 000 fois sur un site américain. On joue dans la cour de récré mondiale. C’est plus marrant qu’avant, c’est plus valorisant et on gagne – un peu – plus d’argent. On est un minuscule acteur, mais on fait partie de ce jeu.»

A Ebull comme à la maison
En décembre 1995, François Barras a foulé pour la première fois la scène d’Ebullition avec Eastwood. «C’est sans doute le club où j’ai joué le plus souvent. On s’y sent un peu comme à la maison. Même si parfois le lieu est presque “trop agréable”. Dans le sens: on aimerait bien qu’il y ait plus de cent personnes qui veulent du rock dans le public. Il faut qu’on le muscle un peu…» Chiche?

Hey Satan, Hey Satan,
Cold Smoke Records,
https://heysatan.bandcamp.com

Bulle, Ebullition, Le week-end du hard 2, dès 21 h. Vendredi 24 mars: Ogmasun, Hey Satan et The Last Moan. Samedi 25 mars: Reaptile, Oregon Trail et The Prestige. www.ebull.ch

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Yellow Teeth: «Je mâche exprès les mots, pour que les gens fassent l’effort de chercher à comprendre»

A une semaine de son concert dans la cour du château, Yellow Teeth sort un magnifique second album intitulé Rags and pearls. Son chanteur, le Valaisan Tiziano Zandonella, raconte sa conception, son amour pour la littérature anglo-saxonne et la musique de Neil Young.

yellowteeth

par Christophe Dutoit

Avec Night birds en 2014, Yellow Teeth faisait une entrée remarquée sur la scène romande. Deux ans et une cinquantaine de concerts plus tard, le Sédunois Tiziano Zandonella et son groupe ont sorti hier un second album d’une rare élégance. Rags and pearls est hanté par la folk américaine, les années 1960-1970, les figures de Bruce Springsteen (période Nebraska ou The ghost of Tom Joad), Leonard Cohen ou Neil Young. Entretien, à une semaine de sa venue aux Francomanias. à suivre…

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Nik Bärtsch, une hypnose jazz contemporaine

Nik-Bärtsch-Mobile-coverAu carrefour de la musique contemporaine et du jazz, Nik Bärtsch a développé une approche très personnelle, dans un minimalisme hypnotique. Pour Continuum, le pianiste zurichois s’est entouré de son trio Mobile et d’un quatuor à cordes. Deux entités qui s’harmonisent à merveille, les cordes apportant une profondeur de son qui sublime les interventions du trio. Dans un art très maîtrisé de la répétition, l’écriture entremêle les boucles dans une progression qui fascine par sa densité et sa palette sonore. à suivre…

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Kassette revient plus sensuelle que jamais

Samedi soir, Laure Betris vernit le quatrième album de Kassette au Bad Bonn de Guin. Un disque plus sensuel et plus chaloupé que les précédents.k71

par Christophe Dutoit

Laure Betris savoure le moment présent. Dans quelques heures, elle sortira son quatrième album, intitulé Bella lui et publié chez Cheptel Records. Dans la foulée, elle donnera un concert au Bad Bonn de Guin, en prémices à une tournée qui l’emmènera de Zurich à Porrentruy, en passant par l’excellent Kremlin de Monthey ou la non moins exotique Ecurie de Genève. à suivre…

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Erik Truffaz, un regard timide vers l’Afrique

TruffazLa discographie d’Erik Truffaz est tapissée de voyages et de rencontres qui l’ont conduit à une exploration vaste et très personnelle du jazz. Sa renommée n’est plus à faire et sa signature inimitable, qu’il s’aventure dans la musique indienne ou dans le hip-hop. Pour Doni Doni, le trompettiste ouvre son horizon vers l’Afrique en invitant les voix de Rokia Traoré et d’Oxmo Puccino. L’ennui avec les invités, c’est qu’ils ne restent pas. à suivre…

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Dog Days: «Jouer fort et planant est hyperjouissif»

Dog Days est sans conteste la sensation stoner suisse du moment. Ce vendredi, le trio fribourgeois vernit son premier album à Ebullition, après trois jours de résidence subventionnée par le canton. Rencontre avec Vincent Yerly, docteur ès fuzz et alchimiste de gros sons.

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par Christophe Dutoit

En anglais, le terme dog days décrit le pic de la canicule (de canis en latin: le chien), cette touffeur qui peut rendre à tel point fou que les Romains sacrifiaient jadis un chien pour apaiser ces moiteurs. Mais ceci est de l’histoire ancienne. à suivre…

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Sacha Love: «Etre le meilleur moi-même au monde»

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Sur scène, on l’appelle Sacha Love. Sans doute en référence aux Beatles. En coulisses, Sacha Ruffieux est l’un des musiciens les plus respectés à Fribourg. Rencontre, en aparté du concert qu’il donne vendredi à Nuithonie.

par Christophe Dutoit

Un truc infaillible pour reconnaître Sache Love: il porte des Ray-Ban bleu ciel. Et parfois un costume de tigre, mais c’est une autre histoire. Et si vous ne le connaissez pas, sachez que Sacha Ruffieux est connu comme le loup blanc dans le monde de la musique. à suivre…

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Pierre Lautomne, l’art de se revisiter

cover_la_friche_1Il y a «une tristesse qui dégouline», comme il chante sur Les choses premières, une des plus belles chansons de ce nouvel album. Le quatrième de Pierre Lautomne, près de quatre ans après Le coeur des lièvres, titre qui ouvre La friche: la cinquantaine venue, le Genevois revisite d’anciens morceaux, parfois en les modifiant au point qu’ils apparaissent comme totalement nouveaux. à suivre…

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Jibcae: «J’écris pour sublimer ma souffrance»

Chanteuse protéiforme et artiste accomplie, Claire Huguenin vient de publier son premier album solo, sous le nom de Jibcae. Plus vulnérable que jamais, la Gruérienne installée sur les contreforts du Mont-Pèlerin revient sur la genèse de ce disque… et sa récente découverte du maraîchage.

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par Christophe Dutoit

Qui est Claire Huguenin? Le sait-elle seulement elle-même? Certains l’ont connue biologiste, grande connaisseuse des larves et des limaces, mais ils sont rares. D’autres se souviennent qu’elle fut la chanteuse de Skirt à la fin des années 1990, ce quatuor d’adolescentes gruériennes en colère qui vit éclore en son sein Laure Betris (alias Kassette) et Noémie Délèze (alias Francis Francis). Et pour ceux qui ne connaissent rien d’elle, sachez que la jeune dame a commencé la musique avec l’ensemble de flûtes à bec de Bulle et qu’elle fait partie de nombreux groupes qui ont pour point commun d’avoir des noms aussi imprononçables que AEIOU, Mmmh!, Grimsvötn, Kera, Guadalupe, Greenwoman ou Kamikaze. Sans compter, depuis quelque temps, son projet solo, sous le pseudonyme de Jibcae. C’est déjà pas mal pour une femme de 32 ans, aux talents multiples et protéiformes. à suivre…

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Moncef Genoud: Onze chansons pop prétextes à improvisation

moncefNé à Tunis en 1961, Moncef Genoud est aveugle de naissance. Arrivé en Suisse à l’âge de 2 ans pour soigner ses yeux, il est peu après adopté par une famille romande, dont le père écoute inlassablement Louis Armstrong et Fats Waller. Doté d’une remarquable mémoire auditive, l’enfant prend des cours de piano et montre un incroyable talent pour jouer n’importe quelle pièce par cœur. Il commence ainsi à développer son propre style et enregistre ses premiers disques. Professionnel depuis 1983, il bénéficie aujourd’hui d’une notoriété majeure aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, où il a joué avec les plus grands. à suivre…

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Tordu et distordu, le fuzz selon Monoski

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Vendredi, le duo fribourgeois Monoski vernit au Bad Bonn son deuxième album intitulé Pool party. En trente-six minutes hypertendues, Floriane Gasser et Lionel Gaillard prouvent qu’ils forment l’un des groupes les plus intéressants de la scène rock helvétique.

par Christophe Dutoit

«A 35 ans, on mène une vie normale. On a sans doute davantage de confort qu’auparavant, mais ça ne veut pas dire que nous n’avons plus le droit d’écouter de la musique fort!» Dans le salon cosy de leur maison en dessus de la vallée du Gottéron, Floriane Gasser et Lionel Gaillard ne laissent pas transparaître qu’ils se transforment – la nuit venue, une fois leur petit Colin tombé dans les bras de Morphée – en loups-garous survoltés au sein de Monoski. Un binôme guitare/batterie qui sonne comme une artillerie lourde, un tandem qui vernit ce vendredi au Bad Bonn de Guin son deuxième album, l’excellent Pool party. à suivre…

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Peter Kernel: évidente efficacité pop bruitiste

kernelEt si le rock suisse se pratiquait en tandem? Après Monoski , Disco Doom ou les défunts Division Kent, au tour de Peter Kernel de prouver que le mode duo est à la mode. Formé au Tessin par Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti, le binôme vient de publier Thrill addict, son troisième album, sans doute le plus abordable d’une discographie sans concessions.

Avec des titres à l’évidente efficacité, tels le single High fever et sa basse hypnotique ou Supernatural powers et ses guitares entêtantes, Peter Kernel marche sur les pas bruitistes des combos américains du début des années nonante, à commencer par les Pixies ou Sonic Youth. Un contraste d’autant renforcé par les voix entremêlées et finalement très pop des deux protagonistes. Même quand il tire le frein à main (Keep it slow), le duo distille des ambiances savamment lugubres et hantées par une classe à part. Au Bad Bonn, le 27 mars prochain.

par Christophe Dutoit

Peter Kernel
Thrill addict
http://peterkernel.bandcamp.com

notre avis: 3/4

 

 

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Plein à craquer, Ebullition a chanté Henri Dès à tue-tête

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Huit groupes romands et un public en délire ont rendu hommage, samedi soir, à Henri Dès, à l’occasion de ses cinquante ans de carrière.

par Christophe Dutoit

Qui aurait bien pu imaginer un jour que le public d’Ebullition chanterait à tue-tête «Pan, pan, pan, qui est là, c’est la p’tite Charlotte» ou «Je t’aime mon loup, mon gros loup, mon petit loup»? Pas grand monde, sans doute. Mais dimanche, aux dernières lueurs embrumées de la nuit, tous les spectateurs présents à cette soirée en hommage à Henri Dès sont repartis avec les yeux embués, à commencer par la star du soir, très émue à l’évocation décalée de ses cinquante ans de carrière.

Quelques heures plus tôt, la nuit avait commencé avec un Jérémie Kisling tendre et drôle dans son interprétation de «J’ai un chien gentil, mais sale / Qui a des poils mouillés partout». Seul à la guitare et à l’harmonica, il a décortiqué le secret de ces chansons, ces répétitions systématiques devenues la marque de fabrique de cet autre chanteur à moustache.

La première fois en boîte
Après cette première évocation assez fidèle, les groupes se sont succédé avec l’idée récurrente de démontrer l’étendue du potentiel des chansons d’Henri Dès. La Family-Dji a livré ses versions lyoba dub, les Neuchâtelois de KoQa ont gentiment «massacré» (c’est eux qui l’ont dit) ses comptines en de féroces airs électro beatbox. Sautillants comme des lapins en cage, The Rambling Wheels les ont gratinées selon leur recette rockabilly survolté. Le public était déjà aux abois.

Mais le meilleur était encore à venir. D’abord grâce aux Gruériens de Tyago et leur version de L’escargot (en anglais pour moitié dans le texte) et surtout de Mathieu, chanté par Mike Sciboz, une petite merveille datée de 1967, au moment où Henri Dès ne chantait pas encore pour les enfants. Même Vincent Veillon, parfait en maître de cérémonie, y est allé de sa contribution, au violon s’il vous plaît!desa

Puis, peu avant minuit, le septuagénaire est descendu du balcon pour rejoindre ce public de notables et de punks, de jeunes et de quadras, de filles en bas résille et de messieurs à moustache (stylés Movember) qui trépignait d’impatience. Accompagné d’Explosion de Caca (avec son fils Pierrick Destraz à la batterie), Henri Dès a chanté ses tubes avec cette aisance gagnée en un demi-siècle de carrière. «C’est la première fois que je joue dans une boîte», avoue-t-il à la foule en délire, après une vingtaine de minutes de concert. Vingt minutes entrées directement en bonne place dans la légende d’Ebullition, à la satisfaction émue du programmateur Flavien Droux et de l’ensemble des bénévoles du club.

«Le silence après Mozart est encore du Mozart et l’acouphène après Darius est encore du Darius», se sont ensuite dits les fans du groupe gruérien le plus en vogue du moment, à quelques mois de la sortie de son premier album (en avril, normalement). Toutes grattes dehors, les cinq ferrailleurs ont livré une version phénoménale, très personnelle et non moins influencée par les Young Gods de «la vie de la p’tite Charlotte», rejoints sur scène par les douze choristes de l’ensemble vocal féminin Callirhoé. Enfin, Coilguns a mis un terme à la soirée avec son metal punk hurlant.

Au total, une cinquantaine d’artistes ont prouvé au monde qu’Henri Dès avait beaucoup d’humour. Rien que pour ça, il lui sera beaucoup pardonné.

 

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Le rock dégingandé de Disco Doom

discodoomRares sont les groupes suisses à tourner davantage aux Etats-Unis et en Europe que dans leur pays d’origine. Disco Doom fait partie de ces exceptions réjouissantes. Après trois EP et deux albums de mélopées dégingandées et bruitistes, le duo zurichois vient de publier Numerals, troisième album d’une discographie sans pareil. Pour l’occasion, Gabriele De Mario et Anita Rufer se sont à nouveau adjoint les services de Jim Roth, guitariste de Built to Spill, groupe avec lequel ils ont taillé la route à de nombreuses reprises. à suivre…

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La chanson jazz selon le quartet Kafébleu

Les Fribourgeois de Kafébleu joueront – vendredi à Bulle – leurs versions jazzy de standards de la chanson, issues de leur premier album. Rencontre avec le bassiste Patrick Badoud.kafebleu

par Christophe Dutoit

Sans doute n’avez-vous jamais entendu pareilles interprétations de Serge Gainsbourg: La Javanaise ou Ces petits riens tout en rondeurs suaves, avec une voix féminine des plus onctueuses et des arrangements jazzy savamment revisités. Et que dire de ce Fever, le classique chanté tant par Peggy Lee, Nina Simone qu’Elvis Presley, repris dans une version lancinante, où l’on imagine volontiers une atmosphère d’arrière-cave new-yorkaise. Sans parler d’A night in Tunisia, le standard de Dizzy Gillespie, interprété façon scat plus vraie que nature… à suivre…

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