Les diverses époques de la Belle Epoque

Le début du XXe siècle est une période foisonnante. Paris en est le centre. Tout semble s’accélérer. C’est du moins l’image qu’on en a. L’historien Dominique Kalifa démontre pourtant que le passé n’est souvent qu’une vision du présent.

par Romain Meyer

Picasso, Toulouse-Lautrec, Curie, Proust, Jarry, Feydeau, Claudel, Saint-Saëns, Satie, Méliès et les autres… Leurs points communs? Paris et le début du XXe siècle. Période foisonnante… après coup. En effet, tous participent involontairement à un cliché, celui d’un moment privilégié dans l’histoire de France, celui de la Belle Epoque. C’est sur la création de ce chrononyme – nom que l’on donne à une période – que s’est penché l’historien Dominique Kalifa et dont il tire un livre à la fois érudit et accessible, interpellant sur la construction des imaginaires. Un voyage dans le miroir d’une société. à suivre…

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Alain Corbin, l’art d’écouter les silences

Historien des sens et des émotions, Alain Corbin s’est intéressé au silence. Son dernier livre se présente comme une balade à travers ses différentes formes, ses textures, ses quêtes et ses richesses. à suivre…

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Ferdinand Cheval, l’obsession d’une demi-vie

Durant trente-trois ans, Ferdinand Cheval a construit sans relâche son Palais idéal dans son jardin. Visite à Hauterives, dans la Drôme voisine, pour l’avant-dernier épisode de notre série sur les œuvres uniques.
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par Christophe Dutoit

Tout commence en avril 1879. Comme chaque jour, Ferdinand Cheval parcourt à pied la trentaine de kilomètres de sa tournée de facteur rural. Alors que ses pensées vagabondent à l’édification «d’un palais féerique dépassant l’imagination», le solide gaillard de 43 ans trébuche sur un caillou en travers de son chemin. «C’était une pierre de forme si bizarre que je l’ai mise dans ma poche pour l’admirer à mon aise, écrit-il dans son français phonétique. Le lendemain, je suis repassé au même endroit. J’en ai trouvé de plus belles, je les ai rassemblées sur place et j’en suis resté ravi… Je me suis dit: puisque la Nature veut faire de la sculpture, moi je ferai la maçonnerie et l’architecture.» à suivre…

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Rétrospective 2014: ce que nous en retiendrons

A l’heure du bilan, autant ne retenir que le meilleur: en 2014, nous avons aimé Gérard Manset, Philippe Jaccottet, Patrick Modiano, Royal Blood, Rival Sons, Pixies…
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par Eric Bulliard et Christophe Dutoit

C’est simple: écouter autre chose semble soudain inutile. Certains font des chansons, beaucoup se contentent de chansonnettes. Un art mineur, disait l’autre. Gérard Manset, lui, crée une œuvre majeure. D’accord, dire qu’on aime Manset, c’est ultrasnob, ça fait le type qui se gargarise de trucs que personne n’écoute. Au mieux, on a vaguement entendu parler du gars qui ne se montre jamais à la télé et qui n’a jamais donné de concert en plus de quarante ans de carrière. «Et c’est bien, ce qu’il fait?» à suivre…

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Des Martiens à Grandvillard

Il y a tout juste 60 ans, une vague de soucoupes volantes était signalée en France, en Italie et… à Grandvillard. Retour avec Yves Bosson, créateur de l’Agence martienne, sur des voyageurs peut-être interstellaires, mais surtout culturels.

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par Romain Meyer

11 novembre 1954. Peu avant 15 h 30, un canonnier jurassien en cours de répétition à Grandvillard voit au-dessus de la gare, très haut dans le ciel, entre 6000 et 10000 mètres, une chose brillante, circulaire et immobile. Il pense d’abord à un ballon d’enfant. L’objet, «argenté et transparent», se met alors à bouger à grande vitesse et de façon erratique, puis s’arrête 500 mètres plus loin, laissant derrière lui «un brouillard argenté». à suivre…

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BBI: conjuguer le mot «art» au singulier et au pluriel

Dès aujourd’hui et jusqu’au 5 juillet, le Belluard Bollwerk International (BBI) propose performances, concerts, danse, installations… Rencontre avec son nouveau et futur ex-directeur, Cis Bierinckx.

Cis Bierinckx©C.Lambert
Par Xavier Schaller
L’affiche de cette 31e édition, sans image, affirme «We art open». Comment est-elle née?
J’ai décidé, en réaction au fréquent bombardement et à l’omniprésence des images dans notre société contemporaine, d’utiliser une affiche seulement avec des mots. Les mots perdent dans notre vie de plus en plus leur valeur. On les utilise moins à cause de la communication électronique, où ils ne sont plus nécessaires.
à suivre…

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Aurélia Thierrée, à l’écoute des murs et des objets pour en faire jaillir la magie

Aurélia Thierrée présente Murmures des murs, cette fin de semaine à CO2. Entretien avec cette artiste complète, qui invite au rêve et à l’imaginaire.

Murs
Par Eric Bulliard
En 2011, Le cirque invisible enchantait la salle CO2, avec l’inclassable mélange de magie, de cirque, de théâtre et de mime créé par Jean-Baptiste Thiérrée et Victoria Thierrée-Chaplin. Vendredi et samedi, leur fille, Aurélia Thierrée, est à son tour invitée à La Tour-de-Trême pour présenter Murmures des murs, son deuxième spectacle (après L’oratorio d’Aurélia), conçu et mis en scène par sa mère.
Son invitation au rêve, son voyage imaginaire entre illusion et poésie, cette artiste complète (comédienne, danseuse, acrobate, magicienne…) le présente depuis 2011 du Brésil à la Corée, en passant par les Etats-Unis, la Russie et toute l’Europe. Au bout du fil, Aurélia Thierrée lève un coin de voile sur son art si attachant.

Huit ans se sont écoulés entre L’oratorio d’Aurélia et ces Murmures des murs: est-ce dû uniquement au fait que le premier a longtemps tourné ou est-ce le temps nécessaire pour mûrir une nouvelle création?
On ne calcule pas vraiment. Nous avons eu la chance qu’Oratorio continue de vivre pendant toutes ces années et nous avons une devise: le jour où l’on comprend comment fonctionne un spectacle, il faut passer au suivant… Il nous a fallu huit ans pour comprendre complètement Oratorio!
Mais Murmures des murs a commencé à germer dans notre imagination au cours de la dernière année. C’est très mystérieux: je ne sais pas combien de temps celui-ci va vivre, ni s’il y aura un prochain et quand il émergera.Murbis

Le spectacle ne cesse donc d’évoluer au fil des représentations…
Ça reste du théâtre vivant, fragile, basé sur des choses artisanales, qu’il faut faire marcher chaque soir. Elles fonctionnent aussi avec l’imagination du public: c’est un tout qui doit prendre à chaque fois. Une part de ce procédé reste mystérieuse et je la trouve importante. Tout n’est pas complètement contrôlable.

Comment se passe le travail avec votre mère, Victoria Thierrée-Chaplin?
J’aurais du mal à le décrire. Mais ça se passe! Elle crée de petits tableaux et, ensuite, elle me met dedans. Mon travail est alors celui d’un détective qui doit trouver le pourquoi du comment. Chercher les indices, lier le tableau au suivant. Nous nous entendons vraiment bien pour les spectacles. J’ai conscience que c’est miraculeux, sinon tout le monde le ferait: si les gens ne travaillent jamais avec leurs parents, il doit y avoir une raison…

Vous laissez une large place à l’imaginaire du spectateur: n’y a-t-il pas le risque que vos intentions soient mal comprises?
Non, au contraire, c’est vraiment une collaboration: j’aime que l’on se projette dans ce que je propose. Tant que la réception n’est pas diamétralement opposée à ce que j’ai essayé de faire… Et encore, dans un sens, ce serait aussi intéressant. La collaboration se déroule sur tous les plans: moi avec Victoria, nous sur scène – parce que je ne suis pas seule – et avec le public… J’essaie juste d’être la plus vraie possible dans les situations. Après, chacun les interprète comme il veut.

Etait-ce une évidence de proposer des spectacles muets?
Je ne sais pas si c’est un choix conscient. J’ai fait ça depuis toute petite dans les spectacles de mes parents… Je ne vois pas trop la différence: c’est juste un autre langage. Il n’y a pas de parole, mais on utilise tout ce qu’il y a autour pour arriver au même but. Le cirque n’a pas de parole, la danse non plus. Ce sont des choses physiques: peut-être que les mots, par-dessus, seraient de trop.

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Du coup, la musique prend une importance particulière…
C’est la colonne vertébrale. Elle est super-importante, peut-être que c’est elle, la langue du spectacle… Dans Murmures, il s’agit plus d’une musique d’atmosphère. Elle nous porte, mais on ne doit pas la suivre non plus.

Vous gardez un intérêt marqué pour les objets et les matières (le papier bulle, les cartons…): est-ce par méfiance envers la technologie?
Avec des ordinateurs, on ne s’en sortirait pas… Ce serait un cauchemar! Nous avons déjà assez de problèmes avec les objets! Il faut les dresser et ils sont imprévisibles: pratiquement chaque soir, il y en a un qui va casser… J’aime les objets: on les croit inoffensifs, mais ils résistent.

Vous explorez le domaine du rêve, des illusions en vous approchant parfois de leur versant sombre, la folie…
Oui, j’aime la ligne très fine qui existe entre la folie et l’imaginaire. Quand est-ce que l’imaginaire peut basculer dans la folie? Quelle est la logique des rêves? Quel parallèle avec la logique de la folie? Je trouve toutes ces choses intéressantes à explorer.

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En tant qu’enfant de la balle, a-t-il toujours été évident que vous alliez suivre cette voie?
Pas du tout. Mais, à un moment donné, ça m’a manqué. Petit à petit, j’y suis retournée, en cercles concentriques, jusqu’au point où, avec ma mère, nous avons recommencé à faire des choses ensemble. C’était pratiquement viscéral: l’odeur des théâtres me manquait! Je faisais de plus en plus de choses qui m’en rapprochaient. Au début de L’oratorio, je ne pensais vraiment pas que ça marcherait ainsi. C’était un désir, mais ce n’était pas calculé.

Malgré votre succès, on vous présente encore comme la fille de vos parents, la petite-fille de Charlie Chaplin ou la sœur de James Thierrée…
Oui, je suis reliée au monde entier! En fait, je n’ai jamais l’impression qu’on parle vraiment de moi! Je ne me sens pas concernée. De toute façon, les gens font des liens avec une chose ou une autre et je n’y fais pas attention. Ce qui m’importe, c’est qu’une fois que le rideau se lève, le spectacle fonctionne. Il n’y a que cette vérité qui reste.
La Tour-de-Trême, salle CO2, vendredi 31 janvier et samedi 1er février, 20 h. Réservations: Office du tourisme de Bulle, 026 913 15 46, www.labilletterie.ch

 

Une histoire de famille
Aurélia Thierrée goûte au spectacle dès ses premières années, aux côtés de ses parents. Elle a même failli voir le jour sur scène: sa mère a commencé à perdre les eaux un soir de représentation…
Au tout début des années 1970, Jean-Baptiste Thierrée et son épouse Victoria, née Chaplin (fille de Charlie) sont les pionniers de ce que l’on appellera le nouveau cirque. Au cours d’une aventure artistique désormais mythique, ils créent Le cirque bonjour, puis Le cirque imaginaire, devenu Le cirque invisible, toujours en tournée. Aurélia voit le jour en 1971, son frère en 1974: James Thierrée (La symphonie du hanneton, Au revoir parapluie…) est aujourd’hui un des artistes les plus en vue dans ce mélange de danse, acrobatie, mime, cirque, théâtre…
Aurélia Thierrée a créé son premier spectacle en 2003. Conçu et mis en scène par sa mère, L’oratorio d’Aurélia a triomphé dans le monde entier, avant de laisser place à Murmures des murs, au printemps 2011. Elle y joue une femme en fuite, qui escalade des façades d’immeubles abandonnés, pénètre des appartements vides et découvre des bribes de vie. Un monde de rêve et d’illusion naît ici, qui joue avec l’imaginaire du spectateur, y compris des plus jeunes: Murmures des murs est annoncé accessible dès 8 ans.

 

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Telle fut notre année 2013

Que reste-t-il des films, livres, disques, spectacles découverts tout au long de l’année? Retour sur nos coups de cœur les plus marquants.adele

par Eric Bulliard et Christophe Dutoit

Un film, un seul, suffit à rendre exceptionnelle l’année cinématographi­que. Un film prodigieux d’intensité et d’équilibre entre la puissance émotionnelle et la rigueur formelle. Palme d’or à Cannes, La vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche est «le film de la semaine, du mois, de l’année, du siècle», selon Eric Libiot, critique de L’Express, qui dit rarement des bêtises.

à suivre…

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Fabienne Radi, la curiosité fertile

RadiLe sous-titre l’indique: il est question d’art contemporain, de cinéma et de pop culture. De quoi effrayer le lecteur potentiel… Erreur: à la prise de tête stérile, Fabienne Radi préfère la légèreté intelligente, la distance pertinente. à suivre…

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Naissance d’un classique: derrière les chefs-d’œuvre, la sueur et les doutes

Série d’été dans La Gruyère en 2012, les épisodes de Naissance d’un classique ont été compilés dans un livre, verni ce samedi soir.© Mélanie Rouiller

par Sophie Roulin

«Un chef-d’œuvre, qu’il soit signé Michel-Ange, Francis Ford Coppola, Victor Hugo ou Bruce Springsteen, est, comme le veut un vieil adage, plus une question de transpiration que d’inspiration.» C’est par ce constat qu’Eric Bulliard lançait en juillet dernier la série d’été des pages culturelles de La Gruyère. à suivre…

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Ollivier Pourriol, le grand théâtre de Canal

Philosophe et écrivain, Ollivier Pourriol a été chroniqueur du Grand Journal, sur Canal+, durant une saison. Une expérience qu’il raconte à travers une «comédie» édifiante.

par Eric Bulliard

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Il devait être la caution intelligente de l’émission.
– Intelligent combien?
– On n’est pas à Normal sup’. Intelligent, mais pas trop. Tu vois la crème dans le café?
Durant une année, Ollivier Pourriol aura donc été la crème dans le café du Grand Journal, l’émission phare de Canal +. Philosophe et écrivain, il a été engagé pour parler de livres, donner un point de vue, «développer une idée, mais en restant accessible». à suivre…

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La Gruyère et son patrimoine revisités par Plonk & Replonk

Jusqu’au 1er septembre, le château de Gruyères présente les œuvres de Plonk & Replonk. Les frères neuchâtelois revisitent le patrimoine gruérien. Fil rouge de l’expo, la découverte d’un comte jusqu’ici inconnu, Arebourg Ier.

par Yann Guerchanik

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Rien de ce que vous allez lire n’est vrai. Rien ou presque. Croix de bois, croix de fer, il est avéré qu’une exposition de Plonk & Replonk a lieu du 27 janvier au 1er septembre au château de Gruyères. Pour le reste… Les cuirassiers de l’humour suisse, Jacques et Hubert Froidevaux, revisitent le patrimoine visuel de la Gruyère et de son castel. à suivre…

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Pierre Assouline, trahir pour la paix

Biographe réputé (il a écrit sur Hergé, Simenon, Cartier-Bresson…) et romancier (Lutetia, Vies de Job…), Pierre Assouline mêle ces deux genres pour appréhender l’étrange Georges Pâques (1914 – 1993). Sous ses apparences de haut fonctionnaire un peu terne, ce Français bon teint a travaillé pour le KGB, en pleine guerre froide, transmettant des documents secrets aux Russes, pendant près de vingt ans. à suivre…

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