«Ebullition doit garder son esprit alternatif et rock’n’roll»

Ebullition clôt l’année de ses vingt-cinq ans sur un nouveau record de fréquentation et ses finances n’ont jamais été aussi saines. Interview croisée à quelques semaines du départ du programmateur Flavien Droux au Nouveau Monde et de l’arrivée de son successeur Thomas Van Daele, en provenance du Nouveau Monde.

par Christophe Dutoit

Quel bilan tirez-vous après ces cinq saisons de programmateur à Ebullition?
Flavien Droux: Il s’est passé tellement de choses en cinq ans. Que du positif! Des rencontres incroyables, tant d’événements et de groupes pour lesquels je me suis battu et auxquels j’ai cru, des moments magiques, des fêtes improbables. Du travail par-dessus la tête aussi. Ebullition, c’est un marathon. Mais, quand j’entends les retours positifs des gens, je me dis que tout ce travail a abouti à quelque chose de bon. J’ai fait partie d’un tout qui a bien fonctionné, d’une équipe soudée. On tire tous à la même corde. C’est beaucoup de paramètres mis ensemble qui font qu’Ebullition tourne aussi bien. à suivre…

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Thomas Wiesel, invité spécial de «La Gruyère»

Entre deux soirées à Ebullition, l’humoriste Thomas Wiesel a rendu visite à La Gruyère. Le temps d’une matinée, il a posé son regard acéré sur l’actualité locale. Avant de retourner à Paris, sur le plateau de Quotidien, au côté de Yann Barthès.

Thomas Wiesel © Chloé Lambert

Thomas Wiesel © Chloé Lambert

par Christophe Dutoit

Mardi et mercredi soir, Thomas Wiesel disposait d’une carte blanche à Ebullition, où l’humoriste vaudois a présenté six de ses acolytes romands. Entre ces deux spectacles, le chroniqueur de 26 ans a répondu à l’invitation de La Gruyère. Pour poser un regard critique et décalé tant sur l’actualité locale que sur la manière dont la rédaction la traite. L’occasion également d’en savoir davantage sur cet homme qui vient de faire ses premiers pas à Paris.

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Quel regard portez-vous sur la presse locale, après votre visite de ce matin?
Un temps, je me suis essayé au journalisme, à Vigousse. J’étais très mauvais, car je voulais tout le temps donner mon avis. J’admire les journalistes qui font de leur mieux pour présenter les faits avec objectivité, au plus proche de leur conscience et sans laisser leurs préjugés prendre le dessus. Moi, c’est tout le contraire. Mettre mon petit grain de sel, c’est ce que je fais de mieux. Ces temps, je suis confronté à la presse, notamment à L’Hebdo où je pratique mon métier d’humoriste. Un truc m’échappe totale-ment en Suisse: cette méfiance qu’on a envers les médias. Elle est sans doute importée de France, où certains font preuve de sensationnalisme. Le métier de journaliste est hyperimportant et il est plutôt bien exercé en Suisse.

Revenons à vous: racontez-nous votre rencontre avec l’équipe de Yann Barthès sur TMC?
C’était un peu inattendu. Au départ, je n’étais pas du tout enthousiaste, parce que j’étais sûr qu’ils me voulaient simplement comme auteur. Je les ai finalement rencontrés. Or, ils me voulaient en plateau. J’ai fait un test, puis un pilote, puis ma première émission. Toutefois, à cause mon agenda surchargé, je n’y suis pas retourné depuis trois semaines.

Thomas Wiesel ©C.Lambert

Thomas Wiesel © Chloé Lambert

Au soir de la première, les réactions étaient plutôt bonnes…
Les Français sont un peu partagés, car mon style est plus porté sur le fond que sur la forme. Je ne suis pas un show-man, je n’ai pas le sourire charmeur de certains chroniqueurs, je ne suis pas dans l’aisance ni la décontraction. Du coup, beaucoup de commentaires ont dit que j’avais l’air crispé, que je récitais mon texte. Des trucs qui font partie de mon style. Mais les Français sont en train de m’apprivoiser. Certains aiment, d’autres pas du tout. Je divise. Du côté suisse, je bénéficie d’un élan un peu particulier de patriotisme, de fierté irrationnelle d’avoir un des leurs là-bas.

Vous allez continuer à Quotidien?
J’y retourne la semaine prochaine. Ils m’ont calé quelques dates jusqu’à Noël. Quand ils en auront marre, ou quand j’en aurai marre, on arrêtera. On fonctionne à l’envie et ça, c’est cool. J’aimerais juste avoir le double de temps pour prépa-rer mes interventions et m’habituer à la présentation en télé. Ça m’énerve quand on me dit que je suis stressé. Je suis un peu narcissique: la critique, j’aime bien quand c’est moi qui la fais.

Thomas Wiesel ©C.Lambert

Thomas Wiesel © Chloé Lambert

Depuis janvier, votre carrière a véritablement explosé…
Mon passage au Jamel Comedy Club, en août 2015, a été le déclencheur, le premier impact en France. A partir de là, tout s’est enchaîné. Durant les élections fédérales, j’ai fait L’abstentionniste tous les soirs à la télé durant deux semaines. Les chroniques sur les réseaux sociaux et sur One FM ont bien marché. Mais surtout, celle sur l’UDC en janvier a eu l’effet d’une étincelle. Ces derniers temps, mon passage à Quotidien a engendré une folie médiatique. Il me semblait que je parlais davantage aux journalistes qu’à ma famille. J’avais l’impression d’être François Hollande. Maintenant, les gens ont l’impression que j’habite à Paris. Alors que j’y suis allé trois jours en trois mois.

Thomas Wiesel ©C.Lambert

Thomas Wiesel © Chloé Lambert

Vous venez de jouer en première partie de Gad Elmaleh et Kev Adams à Genève, devant 20000 personnes en quatre jours. Quelles sont vos impressions?
J’étais hyperpartagé. Artistiquement, je suis très éloigné d’eux, ce n’est un secret pour personne. Eux, c’est le show à gros budget, avec décor et huit danseuses. Moi, j’ai assez peu de danseuses sur scène… Et je me sens assez éloigné de Kev Adams, même si on a le même âge. Cela dit, j’ai un certain respect pour leur succès et leur carrière force le respect. Jouer devant 20000 personnes, ce n’est pas tous les jours. J’ai pu leur envoyer quelques blagues. Ça m’a légitimé d’un point de vue artistique. Pareil avec mes potes à Ebullition: j’adore les vanner, c’est comme ça que je corresponds avec les gens. En revanche, ce n’est pas le même plaisir que jouer dans des petites salles, où je peux interagir avec le public.

Mardi soir, vous avez plusieurs fois parlé de «garder les pieds sur terre»…
Si je n’arrive pas à garder les pieds sur terre, je perds toute ma légitimité, toute ma crédibilité. Or c’est la seule manière de pratiquer mon humour. Mes idoles, pour la plupart anglo-saxonnes, ont cultivé cet aspect. Elles sont restées au contact des gens normaux. En écrivant des chroniques depuis un an, je me rends compte que j’ai moins de trucs à raconter sur moi. Je vais essayer de diminuer ma charge de travail. Pour vivre des choses. Garder les pieds sur terre est essentiel. Je fais un métier certes public, mais pas plus valable que les autres. Forcément, j’ai besoin que les gens me connaissent, car j’interviens dans leurs loisirs. Mais ça ne fait pas de moi un être humain supérieur. Je ne pense pas que je vais prendre la grosse tête. Ma vie change et je dois apprendre à apprivoiser les gens qui m’arrêtent dans la rue pour prendre des photos. Je suis assez timide. Je suis très content que ça marche bien, mais il y a plein d’effets secondaires dont je me passerais volontiers.

Thomas Wiesel ©C.Lambert

Thomas Wiesel © Chloé Lambert

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Thomas Wiesel: «La presse locale, un îlot d’espoir»

Thomas Wiesel©O.Steiner

Thomas Wiesel © Olivier Steiner

par Thomas Wiesel

Quand on m’a proposé d’être l’invité de la rédaction de La Gruyère pour une journée, j’ai accepté immédiatement. Premièrement, que faire d’autre un mercredi matin pluvieux à Bulle? Et surtout, j’ai cru que je serais rédacteur en chef pendant une journée. à suivre…

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«Ebullition n’est pas qu’un club, c’est aussi une école de vie»

Cet automne, le centre culturel Ebullition fête ses vingt-cinq ans d’activité et s’apprête à sortir, samedi, son livre anniversaire. En 2014, son programmateur Flavien Droux avait réalisé un travail de bachelor sur le thème «Les structures culturelles, des lieux de formation?» Depuis 1991, de nombreux éclairagistes, ingénieurs du son ou membres du comité ont fait carrière après leur passage à la rue de Vevey.

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par Christophe Dutoit

«Certains voient Ebullition comme un lieu de bruit, de danse et de nuisances. Mais pas d’emblée comme un lieu de formation.» Le constat émane de Flavien Droux, l’actuel programmateur de la salle bulloise et auteur d’un travail sur la question en 2014. à suivre…

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Coluche: petit abécédaire de l’enfoiré

Le 19 juin 1986, Coluche, 41 ans, se tue à moto dans le Sud de la France. Le choc est immense, inimaginable aujourd’hui. Trente ans après, son humour ravageur, son insolence, ses sketches n’ont rien perdu de leur pertinence. Retour sur quelques facettes d’un personnage hors normes. à suivre…

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Les Petits Chanteurs à la Gueule de Bois: chansons d’amour, rires coupables et doubles sens

Dès ce soir et jusqu’à dimanche, les Petits Chanteurs à la Gueule de Bois créent leur spectacle polisson au Bilboquet. En résidence durant trois semaines à Fribourg, ils ont ouvert la porte à La Gruyère jeudi dernier, à l’heure des derniers réglages de La gâchette.

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par Christophe Dutoit

«Ah! que j’aime l’entendre se faire prendre / Prendre son plaisir ou prendre son pied / Il n’y a rien de tel pour me détendre / Que de la savoir habitée.» Jeudi dernier, vers 10 h. La porte entrebâillée du Bilboquet laisse filtrer des rires joviaux. On entre à pas de loup. Dans une semaine, les Petits Chanteurs à la Gueule de Bois joueront pour la première fois leur spectacle de chansons fripouilles. Pour l’heure, les trois Neuchâtelois peaufinent les derniers détails avec un quatrième larron. à suivre…

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Le Père Noël est toujours une ordure, près de quarante ans après

Molière de la révélation théâtrale 2005, Emmanuelle Bougerol a intégré La Troupe à Palma­de en 2012. Elle joue Zézette dans la nouvelle version du Père Noël est une ordure, ce samedi 13 février à CO2. Entretien. à suivre…

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Thomas Wiesel: «Un peu pince-sans-rire, un peu noir, un peu trash»

A 26 ans, Thomas Wiesel fait partie de ces jeunes pousses les plus intéressantes de l’humour francophone. Interview à l’heure de sa venue samedi à Ebullition.

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par Christophe Dutoit

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Thomas Wiesel, comment êtes-vous arrivé à l’humour…
Un peu par hasard. J’ai fait de l’impro et du théâtre amateur quand j’étais jeune. C’était un fantasme de monter un spectacle tout seul. Je pensais le faire pour mes proches et me planter. J’étais sûr que ça n’intéresserait personne. Ainsi, j’aurais pu biffer ça de la liste des choses à faire dans ma vie… Mais je l’ai fait et j’ai eu assez rapidement du plaisir. J’ai tenté un peu plus loin, ça a pris, j’ai fait des rencontres. Quatre ans plus tard, j’y suis toujours. à suivre…

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Denis Robert au cœur de Charlie

MohicansSoudain, tous ou presque ont été Charlie, souvent sans savoir de quoi ils parlaient. Denis Robert, lui, connaissait l’hebdomadaire de première main: ce journaliste (il a notamment enquêté sur l’affaire Clearstream) a réalisé un portrait filmé de Cavanna, cofondateur de Charlie Hebdo, sorti au cinéma sous le titre Jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai. Parce qu’il a vu pleurer ceux qui, à ses yeux, ont dilapidé l’héritage de Charlie bien avant le funeste 7 janvier, Denis Robert s’est lancé dans cette enquête minutieuse. Mohicans retrace l’histoire extraordinaire de Hara-Kiri (mensuel et hebdo) et Charlie (mensuel et hebdo). Avec, au centre, les piliers Choron et Cavanna. à suivre…

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Lionel Frésard: hommage au théâtre, au Jura, au foot et à Gérard

Le comédien Lionel Frésard a lancé idéalement la saison culturelle de la salle CO2. Son spectacle solo Molière-Montfaucon 1-1 a révélé l’étendue de ses talents, en rendant hommage à ses racines jurassiennes. à suivre…

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Lionel Frésard: du bistrot de village aux feux de la rampe

Dans un spectacle d’humour qui lance la saison culturelle de CO2, Lionel Frésard retrace sa trajectoire singulière, d’un café jurassien aux scènes professionnelles, via le foot et le théâtre amateur. à suivre…

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Michaël Perruchoud, avec l’écriture au cœur

Genevois installé à Fribourg, Michaël Perruchoud multiplie les activités. Cet écrivain, éditeur et chanteur est aussi un passionné de sport, incollable sur le Tour de France, admirateur des flibustiers géniaux. Rencontre. à suivre…

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Le Bilboquet se porte comme un charme

Le Bilboquet ouvre sa 19e saison ce vendredi avec l’humoriste Thierry Meury. Le café-théâtre fribourgeois ne s’est jamais aussi bien porté. Ce qui ne l’empêche pas de réfléchir à son avenir.meury

par Christophe Dutoit

«En 1995, Le Bilboquet était seul sur Fribourg à proposer des spectacles d’humour et de café-théâtre. Depuis, nous avons dû nous adapter à l’ouverture d’autres salles dans le canton (Equilibre/Nuithonie, Le Nouveau Monde, CO2, Podium, Bicubic, Univers@alle, La Tuffière…) et à l’importance de l’offre actuelle.» Attablée au café de l’Ancienne Gare, Amaëlle O’Brien parle avec fierté du passé et avec gourmandise de l’avenir. Dans une année, Le Bilboquet fêtera ses vingt printemps et elle a déjà «des idées plein la tête pour marquer le coup». à suivre…

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Gotlib, ce génie sans âge

Incroyable, Marcel Gotlib a 80 ans! Enfin, bientôt. L’occasion est belle de célébrer l’éternel jeune homme qui, en une vingtaine d’années, a redéfini la BD dans la dérision la plus totale. à suivre…

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Fumisteries, le rire nouveau

fumisteriesLeur nom ressemble à des blagues de potaches – les Jemenfoutistes, les Hirsutes, les Hydropathes, les Zutistes… Les membres de ces «associations» fréquentent le Quartier latin et s’appellent Erik Satie, André Gide, Alphonse Allais ou Villiers de l’Isle-Adam. Et des dizaines d’autres aussi fameux, et des centaines que la littérature a laissés sur un bord de route. L’air de rien, ils vont créer l’«humour moderne». à suivre…

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