Star Wars VII: nostalgie et coup de jeune

Star Wars: The Force Awakens L to R: Kylo Ren (Adam Driver), Finn (John Boyega), and Rey (Daisy Ridley) Ph: David James © 2015 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved.

Que ceux qui n’ont jamais aimé Star Wars soient rassurés! Cette semaine, on ne blâmera pas les cinéphiles de préférer Mia madre, le nouveau film de Nanni Moretti, on n’en voudra pas aux adeptes d’humour franchouillard d’aller voir La vie très privée de Monsieur Sim, avec ce sacré Bacri. Ceux qui ont détesté les six premiers épisodes de la saga de George Lucas peuvent passer leur chemin. Il n’y a rien à voir de plus qu’à l’époque. Et ceux qui n’ont jamais vu les précédentes aventures de Luke Skywalker et d’Han Solo (on en connaît) peuvent aisément se lancer dans le bain avec ce septième film, déjà milliardaire avant sa sortie et qui répond parfaitement aux goûts moyens des spectateurs actuels. à suivre…

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American bluff: Américain, oui, bluffant, non

americanhustleSeule l’industrie du cinéma américain est capable de produire un long métrage comme American hustle (ou American bluff en français, car ça sonne mieux que «racket à l’américaine»). En effet, les Français en auraient tiré un mélo entre la maîtresse et la régulière, les Anglais un drame social sur fond de crise politique, les Hongkongais une mise en abyme de l’arnaqueur arnaqué… De cette histoire vaguement authentique, le grand Hollywood a tiré un film entre thriller et comédie romantique, qui a réussi le tour de force d’être nominé à dix reprises aux prochains oscars. Et ça, seuls les Américains en sont capables…

En 1978, un bellâtre arriviste du FBI (Bradley Cooper, pas mal en insupportable beau) contraint deux arnaqueurs à collaborer avec lui pour piéger des politiciens corrompus. Pour échapper à la prison, Irving Rosenfeld et son amante Sydney Prosser acceptent de jouer à ce jeu dangereux, à l’insu de l’épouse bafouée.

Tour à tour fragile, machiavélique, ingénue, sensuelle, jalouse, démunie, Amy Adams est épatante, et pas seulement parce qu’elle bat le record du monde de présence à l’écran sans soutien-gorge.

Avec une esquisse pareille, les frères Coen auraient mis en évidence ces magnifiques loosers, De Palma aurait imaginé un brillant vacarme d’uzis mitrailleurs, Soderbergh aurait tourné Ocean’s 15… Mais, après Fighter et Hapiness therapy, David O. Russel se contente d’une mise en scène poussive, au mieux désordonnée, au pire complètement chaotique. Et tant pis.

Bref, de cette divertissante parodie qui ne pensait pas en être une, il n’y a que trois éléments à tirer: les acteurs, les acteurs et les acteurs. Dès son apparition en grassouillet dégarni, Christian Bale montre que son jeu d’acteur va bien au-delà de son incarnation des récents Batman. Jusque dans son tic récurrent de réajuster ses lunettes, il est simplement éblouissant. A ses côtés et hormis sa splendeur, Amy Adams est encore plus épatante, et pas seulement parce qu’elle bat le record du monde de présence à l’écran sans soutien-gorge. Lauréate du Golden Globe pour ce rôle, elle est tour à tour fragile, machiavélique, ingénue, sensuelle, jalouse, démunie, sans jamais surjouer, sans jamais perdre la moindre parcelle de crédibilité. En un mot: sublime.

Et quand ces deux-là donnent par-dessus le marché la réplique à Jennifer Lawrence (irrésistible en hystérique cocue), Jeremy Renner (quelle coupe de cheveux!) et Robert De Niro (même pas crédité au générique), on se dit que c’est bien beau, les acteurs, mais que c’est encore mieux quand ils sont correctement mis en scène…

par Christophe Dutoit

American bluff, de David O. Russel, avec Christian Bale, Amy Adams, Bradley Cooper, Jennifer Lawrence…

amyadams

 

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Telle fut notre année 2013

Que reste-t-il des films, livres, disques, spectacles découverts tout au long de l’année? Retour sur nos coups de cœur les plus marquants.adele

par Eric Bulliard et Christophe Dutoit

Un film, un seul, suffit à rendre exceptionnelle l’année cinématographi­que. Un film prodigieux d’intensité et d’équilibre entre la puissance émotionnelle et la rigueur formelle. Palme d’or à Cannes, La vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche est «le film de la semaine, du mois, de l’année, du siècle», selon Eric Libiot, critique de L’Express, qui dit rarement des bêtises.

à suivre…

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Gatsby, plus tapageur que magnifique

leopar Karine Allemann

Dans de grands mouvements vertigineux, la caméra monte, descend, remonte et redescend, puis ondule d’une pièce bondée à l’autre, dans la magnifique maison de Long Island, où Jay Gatsby reçoit ses invités. Nous sommes en 1922, la société new-yorkaise s’étourdit d’alcool prohibé et de jazz. Le milliardaire, lui, ne lésine devant aucun excès. Pour adapter le roman de F. Scott Fitzgerald – déjà porté à l’écran en 1974 avec Robert Redford dans le rôle-titre – le réalisateur australien Baz Luhrmann n’hésite pas non plus à en mettre plein les yeux. Avec un bonheur inégal. à suivre…

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The Grandmaster, beau au-delà du raisonnable

grandmasterVirgile et Wong Kar-wai, même combat. Sur son lit de mort, le poète latin a demandé à ce qu’on brûle l’Enéide inachevée. Parce qu’il aurait voulu la parfaire. Dans les festivals, le réalisateur hongkongais présente son film et repart avec la bobine sous le bras. Parce qu’il a toujours une séquence à refaire. Perfectionniste jusqu’au bout des photogrammes, Wong Kar-wai est un esthète de l’image mouvante. Son dernier travail d’orfèvre en témoigne comme jamais. The grandmaster est beau, ineffablement beau, beau à en perdre la raison. à suivre…

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Interdit aux plus de 18 ans

Saoirse Ronan ( Melanie / Wanda) en 'THE HOST (La huÈsped)', basada en la obra de Stephenie Meyer Il y a le supplice de la goutte d’eau… ou Les âmes vagabondes. C’est selon, le résultat est le même. A intervalles réguliers, une goutte d’eau tombe sur le front d’un condamné maintenu immobile sur une planche. Jusqu’à la folie. Avec ce film, c’est pareil. à suivre…

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Jack le chasseur de géants, énième nanar

Jack The Giant SlayerL’engouement des Américains pour le remake bourrin de contes traditionnels de l’ancien continent représente un mystère aussi insondable que le phénomène de contagion du bâillement. Après Hansel et Gretel: chasseurs de sorcières 3D, voici Jack le chasseur de géants, un film inspiré de deux contes anglais: Jack le tueur de géants et Jack et le haricot magique. Si ces blockbusters hypercaloriques et sans aucune saveur avaient été conçus avec trois bouts de ficelle, il en ressortirait un certain mérite. Mais le film a tout de même coûté la bagatelle de 195 millions de dollars.

Là où Ed Wood excellait malgré lui, Bryan Singer et bien d’autres à Hollywood se vautrent régulièrement dans le mauvais goût. Là où le premier érigeait la nullité au rang d’art, le second la ramène à sa plus pure essence. A grand renfort de 3D, d’effets spéciaux et de pseudo-romance adolescente, Jack le chasseur de géants est au cinéma tout public ce que le McDo est au menu de cantine scolaire… c’est dire.

Mais venons-en à l’histoire: un jeune fermier, Jack, lâche par inadvertance un haricot par terre. Il ne le sait pas encore (et c’est bien le seul), mais le haricot est magique et géant (si si), si bien qu’après avoir détruit sa maison, l’arbre traverse le ciel pour atteindre un monde flottant peuplé d’une redoutable race de géants. Ce faisant, il ne se doute pas qu’il a ranimé une guerre ancienne que tout le monde croyait légendaire. Débarquant sur Terre pour la première fois depuis des siècles, les géants se battent pour reconquérir leur planète. Le jeune homme doit alors livrer le combat de sa vie pour les arrêter, mais aussi pour conquérir l’hymen d’une jeune princesse frigide et pour prouver aux gens qu’il a du poil au menton.

Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête d’un réalisateur aussi prometteur que Bryan Singer?

Au final, on se demande vraiment ce qui passe par la tête d’un réalisateur aussi prometteur que Bryan Singer (Usual suspects, X-men), qui porte une grande responsabilité dans la redécouverte bienvenue des comics américains à travers le cinéma. On se demande aussi quel est le plan de carrière de Nicholas Hoult (Jack), jeune acteur britannique considéré comme l’un des plus prometteurs de sa génération, pour choisir de jouer dans de tels films. A sa décharge, il avait tenu un rôle secondaire dans Le choc des titans, autre métastase du septième art.

A cela s’ajoute une 3D désastreuse où les géants sont des prototypes de Gollum gigantesques et où l’image est souvent floue à cause d’un choix de focale incompatible avec la troisième dimension. S’il n’y avait qu’une chose positive à retenir de Jack le chasseur de géants, ce serait Ewan McGregor, jamais ridicule même avec une houppette à la Justin Bieber et des proportions respectées entre les humains et les géants.

par Paulo Wirz
Jack le chasseur de géants, de Bryan Singer avec Nicholas Hoult et Ewan McGregor

 

 

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Au bout du conte, sans la magie

au_bout_du_conte_photo_3Attendu, le film qui signe le retour du duo Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri s’avère décevant. L’idée originale – ramener dans la vraie vie différents personnages de contes – n’est pas si originale et le scénario est vide de sens. à suivre…

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Sugar Man, la fin n’est rien

sugarman2Certaines questions tourmenteront éternellement l’âme créatrice, l’homme à la quête d’une vérité transcendantale, qui brandirait l’art ou la musique à la face des doutes existentiels. Parmi celles-ci,au hasard: quel est l’ingrédient magique qui détermine l’excellence? Le talent est-il quantifiable? Qu’est-ce que la grâce? Pourquoi un tel devient-il une icône tandis qu’un millier d’autres, aussi brillants soient-ils, resteront à jamais méconnus? à suivre…

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Spring breakers, Barbie nihiliste

springbreakersC’est «l’Amérique vendue à des gyrophares crus» que chantait Noir Désir. Une Amérique qui prie Dieu et se vautre dans la bière. Qui regarde des dessins animés et sniffe de la coke sur le ventre des filles à poil. Avec Spring breakers, Harmony Korine révèle la face la plus déjantée d’une certaine jeunesse du XXIe siècle, qui confond sa vie avec les jeux vidéo et n’hésite pas à proclamer: «La thune, c’est ça, le rêve américain.» à suivre…

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Möbius, sensualité sur fond noir

möbiusUn ovni. Un énorme mélange de genres, de références et de langues: Möbius est intrigant, sombre et intelligent à la fois. à suivre…

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Die Hard, le pire enfer de John McClane

DieHard5Ridicule par son scénario, inutilement violent, mal joué et mal filmé: voilà à peu près ce qu’il y a à retenir de Belle journée pour mourir, dernier né de la franchise Die hard. à suivre…

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Flight, l’homme qui savait voler

Flight 2Denzel Washington, c’est la démarche la plus cool de tout le septième art. Bien sûr que si. Dans chacun de ses films, il y a ce moment où il déambule face caméra. En plan d’ensemble, en plan rapproché taille, en plan rapproché poitrine, la décontraction opère à chaque fois. à suivre…

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L’hitchcockien sauce ketchup

Hitchcock2Deux silhouettes reconnaissables entre mille se découpent sur les écrans bullois ces temps-ci. La première, toute en longueur et en poils de barbe, est l’ombre projetée d’Abraham Lincoln. La deuxième, toute en rondeur et en double menton, est le profil ciselé d’Alfred Hitchcock. à suivre…

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Day-Lewis grand comme Lincoln

LincolnOublions Cheval de guerre, mais n’oublions pas que Steven Spielberg est capable du meilleur, d’Indiana Jones à Minority report, en passant par Il faut sauver le soldat Ryan. Un réalisateur capable de vous faire tendre la joue avec E.T. l’extraterrestre pour mieux vous en coller une avec Les dents de la mer ou La guerre des mondes. à suivre…

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