Kid Koala, berceuses interstellaires hors de l’espace-temps

Dix-sept ans après Carpal tunnel syndrome, le turntabliste montréalais Kid Koala franchit une étape cruciale: il compose pour la première fois de «vraies» musiques. Entendons-nous. Le DJ est un musicien aguerri, pianiste à ses heures, producteur reconnu. Mais, jusqu’ici, il n’avait jamais composé qu’avec un sampleur et des sonorités recyclées. Pour son septième effort intitulé Music to draw to: satellite, Eric San (de son vrai nom) joue des guitares, des synthés, de la basse… Rien de bien original, pour le commun des musiciens.

Sauf que Kid Koala envisage ses pièces sans complexe, il les structure au plus nu, dans des atmosphères proches de l’ambiant music. Surtout, le Canadien s’est adjoint la voix délicate d’Emiliana Torrini, ce timbre éthéré et elfique qui donne soudain une nouvelle dimension à son écriture élégante. Davantage que simplement chanter, l’Islandaise a poussé le compositeur dans les cordes, le «forçant» à écrire des paroles sur ses compositions. Du coup, Music to draw to: satellite oscille entre plages instrumentales en apesanteur et sept berceuses interstellaires, d’une beauté à couper le souffle.

par Christophe Dutoit

Kid Koala featuring Emiliana Torrini
Music to draw to: satellite
Arts & Crafts

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